la France s’éloigne de ses objectifs

À son rythme actuel, le pays n’atteindra pas son objectif de production d’électricité renouvelable d’ici la fin de 2023, sans parler de 2028.

Nouvelle mauvaise année pour l’éolien et le solaire terrestres en France : au rythme actuel, le pays sera en deçà de son objectif de production d’électricité renouvelable d’ici fin 2023, et encore moins d’ici 2020. 2028, notait mardi le baromètre Observ’ER . A l’heure où le Parlement débattait d’une “loi d’accélération” de ces énergies, l’incertitude était de mise.

Pour l’éolien terrestre, l’objectif officiel de 24,1 gigawatts (GW) de capacité installée qui s’est fixé d’ici 2020 jusqu’à fin 2023 “ne sera pas atteint”, le pays n’atteignant que 20 GW à fin septembre 2022.

“Les progrès actuels ne correspondent pas au rythme requis par le programme pluriannuel de l’énergie” pour 2019-2023, note ce rapport de référence, pointant la complexité administrative, les contraintes d’espace ou le manque d'”acceptabilité” des projets.

Complexité administrative

Côté photovoltaïque, si la reprise en 2021 est “partiellement confirmée en 2022”, le saut arrive tardivement et “la filière n’est pas encore sur les rails”.

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La France dispose de 15,8 GW de capacité solaire d’ici septembre 2022 et pourrait atteindre 19 GW d’ici fin 2023. Le pays n’atteindra pas les 20,1 GW projetés et à ce rythme, s’éloignera de plus en plus de l’ambition fixée pour 2028 (entre 35 et 44 GW ), selon ce baromètre annuel réalisé en partenariat avec la Fédération des collectivités FNCCR et l’Ademe, l’agence de la transition écologique.

“La crise de l’approvisionnement électrique, exacerbée par les conflits en Europe de l’Est, a montré une prise de conscience générale de la nécessité d’une indépendance énergétique nationale”, a déclaré Pascal Sokoloff, directeur général de la FNCCR.

Pourtant, cette version du baromètre “montre une fois de plus l’écart entre les ambitions, les revendications affichées et la réalité”, a-t-il déploré.

Selon l’Ademe, ce sont aujourd’hui plus de 15 GW de projets prêts à être réalisés qui sont bloqués dans l’attente de la confirmation des services de l’Etat.

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500 millions d’euros d’amende

Ce commentaire intervient au moment où l’Assemblée nationale débat d’un projet de loi visant à accélérer les procédures administratives pour faciliter le déploiement des énergies renouvelables.

Le contenu actuel du texte est accueilli avec prudence par les acteurs qui, au contraire, craignent la complexité et fondent leurs espoirs sur une récente directive gouvernementale d’accélération transmise aux préfets.

“Le vote de cette loi montre que le chemin reste à parcourir : en 2022 on peut s’attendre à encore plus d’ambition à l’Assemblée nationale”, a déclaré Vincent Jacques Le Seigneur, président d’Observ’ER. chiffres officiels (EDF, Enedis, etc.).

Cette année, le Parlement devra également déterminer, dès cet été, de nouveaux objectifs énergétiques nationaux pour 2033, dans un contexte de lutte contre le réchauffement climatique et d’augmentation de la demande d’électricité.

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66GW

Pourtant, toutes les projections de neutralité carbone promises d’ici 2050 suggèrent qu’avec ou sans résurgence nucléaire, les énergies renouvelables électriques devront être massivement déployées, représentant au moins 50 % au total.

De plus, il existe des obligations européennes. “Nous n’avançons pas au bon rythme pour atteindre à la fois les objectifs que nous nous sommes fixés et ceux que nous avons gravés dans le marbre européen d’ici décembre 2022”, a déclaré Jacques Le Seigneur. .

La France a été condamnée à une amende de 500 millions d’euros pour ne pas avoir honoré son engagement d’obtenir 27 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2020. Selon les derniers chiffres, elle échoue toujours, atteignant seulement 24,2 % fin 2021.

Fin 2022, le pays dispose d’environ 66 GW de capacité totale d’électricité renouvelable, répartis en 40% pour l’hydraulique (barrages), 31% pour l’éolien terrestre et 24% pour le photovoltaïque.

Olivier Chicheportiche avec l’AFP Journaliste d’affaires BFM

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